Témoignages

" DES MOTS POUR LE DIRE"
Dans le couloir de l'UOG, en attendant que la salle de cours soit libre, je revois avec un étudiant argentin le petit texte qu'il a composé. Une phrase n'est pas très claire. J'essaie d'interpréter : "Mon pays me manque" ? Est-ce bien cela qu'il a voulu dire ? Avec conviction, il approuve à voix haute : " Oui ! Mon pays me manque". Et en écho s'élève une voix africaine inconnue : "Moi aussi, mon pays me manque". Puis d'autres encore, dans ce couloir où se mêlent les attentes. Avec, au profond de la nostalgie, comme une joie d'avoir trouvé les mots pour la dire.
Et dans cette forme de joie partagée, l'enseignement, la mise à disposition d'une langue, trouve son espace et son sens.
Je m'appelle Silvia, je viens du Guatemala et je suis arrivée en Suisse en 1996. J'ai été accueillie chez une famille française avec quatre garçons, dont je devais m'en occuper tout en suivant des cours de français dans le but d'apprendre à bien parler cette langue.
Les premiers mois n'ont pas du tout étaient faciles car je ne parlais pas encore assez pour comprendre et me faire comprendre. L'approche en vers les enfants a été difficile, même pénible. Mais je dois avouer que c'est bien grâce à eux que j'ai pas mal appris. Je dirai que gagner leur confiance et leur acceptation a été primordial pour mon intégration dans ma nouvelle vie dans ce pays.
Ensuite, à mesure que j'apprenais la langue et connaissais la ville les choses ce sont passées de mieux en mieux. J'en ai eu plus de facilité à rencontrer des gens, à connaître un peu plus leur culture et leur façon de vivre.
Pendant ces années j'en ai eu des hauts et bas, chaque jour étant une nouvelle épreuve à surmonter. Il y a eu le manque de ma famille, le mal du pays et de la solitude.
En tant qu'étrangers, on trouve de difficultés de tout genre, à nous de savoir et pouvoir faire de notre mieux en essayant de réussir et avoir une vie plus au moins normale. Pour cela je travaille comme tout le monde, je prends des cours de français, je fais du sport (jogging, natation, de la marche, jouer au basquet ball, faire du vélo). J'aime passer du temps avec mes amis, aller au cinéma, faire de longues promenades, lire, écouter de la musique, écrire à ma famille, faire de photos, J'adore jouer au bowling et voyager un peu par tout.
Aujourd'hui en regardant en arrière, c'est sans regret, il y a eu du bon et du mauvais. J'ai rencontré des gens magnifiques qui m'ont beaucoup aidé à m'en sortir.
Je continue bien à apprendre dans cette grande école que c'est la vie. Soit ici ou ailleurs en gardant toujours le meilleure de chaque moment.
Je suis venue au monde, avec beaucoup d'exportation de la part de mes parents qui désiraient une fille, après avoir mis au monde 3 garçons ! Donc, imaginez-vous à quel point mes parents étaient heureux! Mais quatre ans après ma naissance, mon petit frère José est venu au monde. Nous étions une famille de cinq enfants entourés toujours de l'amour de mes parents. Mon père a toujours travaillé dure pour nourrir ma famille, jusqu'à ce que nous sommes devenus adultes et avons fini l'école et l'université. Moi, j'avais choisi la traduction et rêvais de devenir traductrice, cet ainsi que j'ai fini mes études de traduction à l'Université à Lima, et une fois mon diplôme en poche, j'avais décidé de venir en Europe. Mais bien évidement il me fallait l'argent. J'ai suis donc, le conseille de mon père avais décidé de faire une année à l'école commerciaux pour devenir secrétaire et essayer de décrocher un post. Heureusement j'ai trouvé un post comme secrétaire et j'ai pu épargner après nombreuses années de travail, le montant suffisant pour acheter mon billet d'avion pour l'Europe. C'était le rêve devenu réalité, mais en vérité mon rêve, une fois arrivée en Europe est devenu cauchemar. Je ne m'attendais pas à trouver un monde si différant du mien! Tous était si différent, la vie, la nourriture, les gens, en fait une autre culture à la quelle je devais m'y faire. Après tout des années ici à Genève, je continue encore à me surprendre de la différence culturel que avec l'Union Européenne ne fait que s'agrandir! Je fais de différents boulots mais arrive à survivre, si cela est mot adéquat. En réalité je pense que je me sens bien ici mais cela ne veut pas dire que aujourd'hui mon rêve le plus cher est de retournez à mon pays !